The Amazing Spider-Man : le destin d’un Héros (2D & 3D)

The Amazing Spider-Man : le destin d’un Héros (2D & 3D)

Film de Marc Webb (Etats-Unis - 2014 - 2h21) avec Andrew Garfield, Emma Stone, Jamie Foxx, Dane Dehaan, Paul Giamatti...


 

Amazing spider man 2 affiche uneCe n’est un secret pour personne que le combat le plus rude de Spider-Man est celui qu’il mène contre lui-même en tentant de concilier la vie quotidienne de Peter Parker et les lourdes responsabilités de Spider-Man. Mais Peter Parker va se rendre compte qu’il fait face à un conflit de bien plus grande ampleur. Être Spider-Man, quoi de plus grisant ? Peter Parker trouve son bonheur entre sa vie de héros, bondissant d’un gratte-ciel à l’autre, et les doux moments passés aux côté de Gwen. Mais être Spider-Man a un prix : il est le seul à pouvoir protéger ses concitoyens new-yorkais des abominables méchants qui menacent la ville. Face à Electro, Peter devra affronter un ennemi nettement plus puissant que lui. Au retour de son vieil ami Harry Osborn, il se rend compte que tous ses ennemis ont un point commun : OsCorp.

 

 

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Les Yeux jaunes des crocodiles

Les Yeux jaunes des crocodiles

Film de Cécile Telerman (France - 2013 - 2h02) avec Julie Depardieu, Emmanuelle Béart, Patrick Bruel....





Yeux jaunes crocodile affiche uneDeux sœurs que tout oppose. Joséphine, historienne spécialisée dans le XIIème siècle, confrontée aux difficultés de la vie, et Iris, outrageusement belle, menant une vie de parisienne aisée et futile. Un soir, lors d’un dîner mondain, Iris se vante d’écrire un roman. Prise dans son mensonge, elle persuade sa sœur, abandonnée par son mari et couverte de dettes, d’écrire ce roman qu’Iris signera, lui laissant l’argent. Le succès du livre va changer à jamais leur relation et transformer radicalement leurs vies..






 

Critique "aVoir-aLire.com"


Vendu à près de deux millions d’exemplaires et traduit dans 31 langues, le roman de Katherine Pancol Les yeux jaunes des crocodiles entre clairement dans la catégorie des best-sellers de librairie, et ceci depuis sa sortie en 2006. Un tel engouement ne pouvait pas laisser indifférent les producteurs de cinéma, et notamment Manuel Munz (La vérité si je mens) qui a acheté les droits d’adaptation du bouquin et de ses deux suites. Après avoir travaillé avec la fille de Katherine Pancol sur une première version du scénario, le producteur a proposé à la réalisatrice Cécile Telerman de porter cette histoire à l’écran. La cinéaste derrière Tout pour plaire s’est donc retrouvée avec une tâche immense, elle qui n’avait jusqu’alors jamais adapté de matériel littéraire. Le défi fut notamment de rester le plus fidèle possible à l’univers du livre, tout en taillant quand même dans le vif puisque l’histoire était trop foisonnante.

Après un premier quart d’heure qui demande au spectateur une petite adaptation face à la pléthore de personnages (heureusement tous incarnés par des valeurs sûres qui nous les rendent immédiatement identifiables), le long-métrage de Cécile Telerman parvient à retranscrire les hésitations des différents protagonistes, leurs envies de se rapprocher les uns des autres, mais aussi leurs caractères bien trempés qui les font s’entrechoquer à de nombreuses reprises. La réalisatrice arrive à peu près à s’affranchir du caractère bourgeois de l’intrigue en opposant justement les deux sœurs, dont l’une est superficielle et riche (excellente Emmanuelle Béart) et l’autre est brillante, mais fauchée depuis que son mari l’a largué pour aller élever des crocodiles en Afrique (toujours juste Julie Depardieu). Le film séduit tout d’abord par l’acuité des dialogues, souvent cinglants et vachards. Ces dames de bonne compagnie s’envoient des piques à chaque phrase, dans un grand élan bitchy qui nous fait rire à de nombreuses reprises.

Mais peu à peu, cette histoire de contrat entre deux sœurs complices (l’une écrit un livre en secret et l’autre se fait passer pour l’auteure) finit par révéler les fêlures à l’œuvre depuis l’enfance. Elle met en exergue les ravages que peuvent notamment occasionner les parents en préférant un de leurs enfants plutôt que l’autre. Paré de toutes les vertus, le personnage d’Emmanuelle Béart est une enfant gâtée qui n’a jamais réussi à s’accomplir en-dehors du regard des autres. A l’inverse, sa sœur souffre d’un déficit de confiance lié au traitement qu’on lui a infligé depuis toute petite. Par la magie du cinéma, le rapport finira par s’inverser. Les yeux jaunes des crocodiles offre également un point de vue intéressant sur les relations mère-fille, visiblement marquées du sceau de la concurrence. Si Cécile Telerman est donc parvenue à retrouver l’essence même du livre, elle en a parfois oublié de livrer un objet cinématographique enthousiasmant pour les yeux. Sa réalisation appliquée n’est là que pour mettre en valeur ses comédiens – tous excellents avec une petite mention pour un Patrick Bruel digne et sobre – et s’abandonne trop souvent à une esthétique télévisuelle. Quelques scènes auraient également pu être écourtées afin de dynamiser davantage l’ensemble, un brin lassant sur deux heures de projection. Mais ces détails importeront sans doute peu aux lectrices assidues de Katherine Pancol qui seront ravies de retrouver leurs héroïnes à l’écran. Un franc succès commercial permettrait même de produire les deux suites et on ne sera pas mécontent de les découvrir.

 

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The Best Offer (VOST)

The Best Offer (VOST)

Film de Giuseppe Tornatore (Italie - 2013 - 2h11) avec Geoffrey Rush, Jim Sturgess et Sylvia Hoeks....


 

- Film proposé en Version Originale Sous-Titrée





the best offer affiche uneVirgil Oldman (Geoffrey Rush) est un commissaire priseur de renom. Véritable institution dans le milieu de l’art et misogyne assumé, il n’a de relation intime qu’avec la collection de tableaux qu’il a su constituer secrètement au cours des années. Personne ne le connaît vraiment, même pas son vieil ami marchand d’art Billy (Donald Sutherland). lorsqu’une cliente (Sylvia Hoeks) lui demande une expertise mais n’accepte de lui parler qu’au téléphone, Virgil est piqué de curiosité et ne peut se résoudre à laisser tomber l’affaire. Quand il la voit pour la première fois il tombe violemment sous son charme.

 

 

Critique "aVoir-aLire.com"


Le cinéma de Giuseppe Tornatore ne cesse de nous surprendre dans les différents genres qu’il aborde. Celui qui s’était fait remarquer jusqu’en Amérique avec Cinema Paradiso à la fin des années 80, n’a pas perdu de sa perspicacité cinématographique, avec son dernier long, The Best offer, qui est une proposition de cinéma visuellement époustouflante, épousant les mystères du cinéma de fantômes espagnol, l’audace froide des œuvres italiennes de Paolo Sorrentino et la sinuosité du cinéma hichcockien...

Vibrant hommage à son pays dans sa représentation grandiose de l’art qui est présent de façon névrotique à l’écran (le personnage principal fait office de ponte parmi les commissaires priseurs), Tornatore, dans sa volonté de perdre le spectateur dans les noirceurs de mystères insondables, semblerait presque vouloir provoquer un sentiment d’oppression ou de vertige de Stendhal tant le poids des décors qu’il sublime, constitué de toiles et de sculptures, écrase parfois la vision du film.
La beauté des images, toujours élégantes, parfois d’un froid clinique dans le rapport des deux personnages principaux, tourtereaux atypiques, incapables d’aller vers l’autre, en raison de névroses qui les dépassent. Le protagoniste du commissaire priseur ne se sépare jamais de ses gants quand la jeune femme dont il va tomber amoureux et dont il est chargé de s’occuper de vendre l’impressionnant patrimoine, souffre de son côté d’une agoraphobie exacerbée qui la cloître dans un palais en décrépitude, derrière des murs fissurés qui laissent apparaître des secrets et des rebondissements qui, dans la seconde partie du film, gâchent un peu l’extase de la contemplation des premiers instants.

Évoquant irrémédiablement Les conséquences de l’amour avec Geoffrey Rush, impeccable, dans un rôle très proche de l’autiste solitaire qu’incarne Toni Servillo dans le célèbre film de Sorrentino, The best offer évolue peu à peu, au fil des rencontres avec l’inconnu. La psychologie des personnages n’est jamais arrêtée et donne lieu à des twists qui ne sont peut-être pas à la hauteur, dans leur buts triviaux, des vertiges provoqués par toute l’introduction du film, mais qu’importe, cette "Grande Bellezza", sans meurtre et sans tueurs, mais avec de lugubres dissimulations, est un thriller de haute volée qui laisse en tête des souvenirs d’un cinéma d’une ampleur rare, parfois élevé par la musique du revenant Ennio Morricone, que n’aurait pas renié David Lynch s’il avait été italien.

 

Critique "Kritikat.com"




Virgil Oldman porte bien son nom : respectable critique d’art d’un certain âge, au jugement sûr, il vit de sa passion déclarée pour l’art pictural, et de sa passion, plus secrète, pour son antre privée, cabinet de peinture où s’accumulent les portraits de femmes. C’est d’ailleurs sa seule relation avec le beau sexe, jusqu’au jour où une jeune héritière mystérieuse s’attache ses services pour estimer l’héritage laissé par ses parents. Virgil Oldman se rend bientôt compte que la jeune fille habite les pièces secrètes et les passages cachés de la demeure, refusant de sortir – suscitant chez lui une dangereuse fascination.

Ce qui est visible et ce qui ne l’est pas : voilà ce qui préoccupe Giuseppe Tornatore. Comme son protagoniste, il cherche à déchiffrer ce qui se trouve hors du cadre, tente de trouver la certitude figée d’un tableau dans le monde réel, qu’on ne peut pourtant pas si facilement encadrer. L’un comme l’autre devrait pourtant savoir que ce n’est pas si simple : dès le début du film, Oldman découvre un tableau, dissimulé sous des couches centenaires de moisissure – l’image dans le tableau a toujours quelque chose de dissimulé, un arrière-plan, un détail... Toujours de quoi donner corps aux obsessions autocentrées d’un passionné d’art.

Ainsi, la demeure de la mystérieuse jeune fille recèle également ses petits secrets : chambres dissimulées, greniers oubliés, rouages d’une mécanique mystérieuse et fascinante disséminés un peu partout. Lorsqu’ils parviennent à lever les premiers voiles entourant le secret de la demeure, le personnage comme le réalisateur commencent à douter de la sincérité des humains mêmes, via une narration sur le fil du rasoir : est-on dans un traditionnel roman à mystère, ou s’inspire-t-on de la fantasmagorie romantique de Villiers de l’Isle-Adam dans L’Ève future ? Tornatore louvoie, cherchant moins à brouiller les pistes pour embrumer son récit, qu’à s’interroger sur la capacité du cinéma à aborder toutes les facettes du réel.

La demeure grisâtre de la jeune fille est une véritable antre fantastique : grinçante, dévorée par les stigmates du temps, elle est filmée par Tornatore dans la tradition de Poe, et est le lieu de moments de tension feutrés, remarquablement orchestrés. Véritable être avec ses secrets et ses malveillances, la maison s’oppose à l’appartement du protagoniste, impersonnel, protégé – il y a un grand danger pour lui à s’attacher à un autre lieu de vie que celui qui le représente profondément, si solitaire soit-il. Poe encore, dans la présence de la machine : les mystérieux mécanismes qui vont obséder Oldman, certes, mais également la présence d’une machine sociale, humaine – une machination – dont les rouages sont, eux, bien plus finement cachés.

Plus proche de Laurent de Bartillat dans son thriller littéraire et pictural Ce que mes yeux ont vu que de Peter Greenaway, Giuseppe Tornatore n’est pas obsédé par la peinture et ses codes, comme le réalisateur de La Ronde de nuit. Son approche est plus volontiers celle d’un feuilletoniste, avec cependant un rythme et une esthétique singulièrement posés – à l’opposé, dirait-on, de l’hystérie délirante de Danny Boyle avec Trance, cousin de ce The Best Offer. En procédant avec circonspection, Giuseppe Tornatore construit un récit qui semble considérer comme profondément vulgaires les effets de manche du récit à surprise. Plus intéressant, lui semble son protagoniste, interprété avec délice par Geoffrey Rush, et ses mécanismes intimes. Fable amère sur l’espoir et l’idéal, The Best Offer fait preuve d’une retenue et d’une maturité appréciables.


 

 

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La belle vie

La belle vie

Film de Jean Denizot (France - 2013 - 1h33) avec Zacharie Chasseriaud, Nicolas Bouchaud, Jules Pelissier....





belle vie affiche uneYves vit dans la clandestinité avec ses fils, Sylvain et Pierre. Il y a dix ans, il les a soustraits à leur mère à la suite d’une décision de justice. Mais les garçons grandissent et la cavale sans fin les prive de leurs rêves d’adolescents. Cachés sur une île de la Loire, Sylvain, le cadet, rencontre Gilda : premiers regards, premier amour et première étape sur la chemin de la belle vie, la sienne.






 

Critique "EcranLarge.com.com"


La première chose qui sidère quand on voit La Belle Vie, c'est la maîtrise filmique de son réalisateur. Cadres impeccables, mise en scène pertinente et inspirée, photographie sublime qui renforce son ambiance envoûtante, on a bien du mal à croire qu'il ne s'agit que d'un premier film. A l'image de La pièce manquante de Nicolas Birkenstock, La Belle Vie prouve qu'une nouvelle génération de metteurs en scène émerge, une génération qui n'a pas peur de faire du cinéma et qui, plutôt que de s'enfermer dans le piège de la citation de surface, intègre sa culture pour affiner son style et raconter quelque chose. Et franchement, c'est salvateur, surtout en ces périodes troubles où le cinéma français s'enferme dans une impasse.

Voir un film comme La Belle Vie, c'est retrouver le cinéma des grands espaces, c'est s'approcher de l'humain dans toute son ambivalence, c'est enfin retrouver des sensations et des émotions que l'on pensait disparues. Car oui, le film émeut, énormément. En s'inspirant librement de l'affaire Fortin (qui avait kidnappé ses propres enfants pour vivre avec eux une vie nomade dans la campagne française), Jean Denizot nous raconte avant tout l'émancipation d'un adolescent, le rapport au père, aux femmes, à la sexualité. Mais surtout, il parle d'errance, philosophique, pragmatique et affective, et de ce besoin que l'on éprouve tous à un moment ou un autre de se poser et de se retrouver. Une véritable quête initiatique enrichie de personnages pour une fois solides, faits de chair et d'affects, crédibles de bout en bout.

Qui dit personnages dit comédiens et, là encore, La Belle Vie surprend et ravit. Le jeune Zacharie Chasseriaud (que l'on a vu dans l'extraordinaire Les Géants de Bouli Lanners et que l'on retrouvera dans quelques semaines dans Aux yeux des vivants du duo Bustillo-Maury) crève l'écran et compose un personnage inoubliable. Il est épaulé par la lumineuse Solène Rigot, très crédible dans son rôle d'adolescente. Seule ombre au tableau, Nicolas Bouchaud interprète le père errant avec une inconstance dérangeante.

Nous ne vous en dirons pas plus afin de ne pas déflorer La Belle Vie. Sachez néanmoins qu'il faudra vite vous déplacer pour lui donner une chance d'exister en salle, le film n'étant pas l'un des favoris dans la guerre des multiplexes. Petit budget (1 million d'euros), distributeur de taille modeste (en ce sens qu'il ne s'agit pas d'UGC ou de SND), La Belle Vie ne sera projeté que dans 3 cinémas à Paris (Reflet Medicis, Publicis, Cinéma des cinéastes).

 

Critique "Critikat.com"




Il y a toujours fort à redouter d’un film qui s’inspire d’un fait divers : entre la tentation d’un sensationnalisme forcément racoleur et le risque d’un académisme pompier, les marges de manœuvre sont étroites pour les cinéastes qui tentent d’adapter à l’écran les soubresauts féroces et édifiants du quotidien. Pour son premier long, le réalisateur Jean Denizot s’est inspiré d’une histoire qui avait fortement marqué l’opinion en 2009 : celle de Xavier Fortin, arrêté et jugé après 12 ans de cavale avec ses deux enfants, enlevés à leur mère suite à leur séparation en 1997. Fait marquant du procès : les deux enfants, devenus adolescents, défendirent ardemment leur père à la barre. Celui-ci fut condamné à deux ans de prison dont 22 mois avec sursis mais, ayant déjà purgé deux mois de détention préventive, sortit libre de la salle d’audience.

Pas de procès ni d’excès de scènes de courses-poursuites dans La Belle Vie : Jean Denizot verse plutôt dans un cinéma panthéiste proche d’un Malick ou d’un Jeff Nichols – à ce titre, la superbe photo signée Elin Kirschfink éloigne le film du tout-venant de la production française. Il y a là une ambition formelle qui fait plaisir à voir, un désir de beauté dénué de tout effet de mode et qui n’exclut pas une volonté de croire en la force du récit : bref, Jean Denizot fait du cinéma, pas un docu-fiction pour TF1. Et si le scénario reste proche du fait divers duquel il s’inspire, on sait gré au réalisateur de rester à distance de ses effets les plus spectaculaires sur le plan narratif pour se concentrer sur les états d’âme du plus jeune des deux enfants. La référence est on ne peut plus claire : Denizot montre dès le début du film le frère aîné en train de lire Huckleberry Finn, de Mark Twain… Des rives du Mississipi à celles de la Loire, du Nichols de Mud à cette Belle Vie, il n’y a qu’un fil que le cinéaste n’hésite pas à dérouler.

Film d’apprentissage, La Belle Vie commence comme un road-movie campagnard où les trois fugitifs (le père et ses deux fils) tentent de mener une vie plus ou moins normale malgré la clandestinité et la crainte d’être découverts par la police ; très vite, le frère aîné (l’excellent Jules Pelissier, passé des plateaux de La Nouvelle Star à ceux du cinéma français) se fait la malle pour vivre sa vie. Reste au plus jeune, Sylvain (Zacharie Chasseriaud, très bien) de décider s’il désire poursuivre la route avec son père (Nicolas Bouchaud) ou pas. Sa rencontre avec la jeune et jolie Gilda (Solène Rigot) va précipiter sa décision… Cette partie, façon bluette sentimentale, est traitée avec beaucoup de finesse et de sensibilité, mais elle reste anecdotique et éloigne le film de ce qui en est le véritable cœur. À quoi sert de fuir, si c’est pour protéger une liberté illusoire ? Comment quitter le foyer familial pour acquérir son indépendance quand ce foyer n’existe pas, littéralement ? C’est dans ces contradictions que La Belle Vie émeut le plus : le père, comme le fils, savent qu’ils sont arrivés au bout du chemin, et cette prise de conscience donne au film une note crépusculaire que la mise en scène, humble héritière d’un John Ford, sait magnifier. La fin, ouverte, splendide, offre à son jeune personnage une piste qui mène à tous les possibles. On aimerait bien encore l’y suivre, un petit peu.


 

 

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La belle et la bête

La belle et la bête

Film de Jean Cocteau (France - 1946 - 1h36) avec Jean Marais, Josette Day, Michel Auclair, Mila Parély....


 

Belle-et-la-bete affiche une- Cycle Patrimoine - Version restaurée

 

Il était une fois, une jeune fille, Belle, qui était bonne et affectueuse. Son père étant tombé au pouvoir de la « Bête », un monstre doté d'un pouvoir magique, elle s'offrit comme otage. Et, peu à peu, elle se prit de pitié, de compréhension, puis d'amour pour le monstre qui devint le Prince Charmant.

 

 

Critique "EcranLarge.com"




Ce qui frappe immédiatement à la vision de La Belle et la Bête, c'est la (re)découverte de ces décors enchanteurs, baroques et féeriques qui concourent encore et toujours à faire de cette histoire, adaptée par Cocteau lui-même d'une fable écrite au XVIIIème siècle par Leprince de Beaumont, un véritable plaisir des yeux et des sens. Bien entendu, le raffinement extrême des textes, la direction d'acteurs en tous points remarquable et la maîtrise technique de l'arsenal propre au cinéma (même si Cocteau n'est pas seul ici puisqu'il a demandé et a bénéficié des conseils techniques avisés de René Clément), participent aussi à faire de ce film le chef-d'œoeuvre que l'on sait. Il n'en reste pas moins que la beauté plastique indéniable de l'ensemble dont les inspirations sont à rechercher du côté de certaines toiles de Vermeer et d'illustrations de Gustave Doré, imprime à tout jamais les rétines de bonheur, même les plus blasées.

Avec La Belle et la bête Cocteau réalisait là son second film près de seize ans après Le Sang d'un poète qui en 1930 avait divisé le mouvement surréaliste lui préférant plutôt Un chien andalou ou encore L'Age d'or de Buñuel. Il est vrai que Le Sang d'un poète était plus une sorte de poème esthétique en 24 images par seconde préfigurant sans aucun doute possible la réussite visuelle de La Belle et la Bête alors que les motivations de Luis Buñuel étaient plus d'ordre sémantique, lui dont les métaphores visuelles originales et violentes n'avaient que pour unique ambition d'attaquer l'Église, les institutions et les représentants de la bourgeoisie.Mais si La Belle et la Bête procède bien de cette filiation directe et d'une recherche formelle de plus en plus épurée au service de thèmes identiques — l'amour impossible, la mort, la beauté de l'âme qui doit transcender celle des corps et faire tomber les masque —, c'est aussi et surtout une émouvante déclaration d'amour à l'intention de son acteur principal, Jean Marais. De fait, si Cocteau s'est intéressé à nouveau au cinéma au début des années 1940 (il est scénariste et dialoguiste de nombreux films à succès de l'occupation dont L'Éternel Retour avec Madeleine Sologne et justement Jean Marais) et qu'il s'est plongé à corps perdu dans cette aventure jusqu'à mettre en danger sa santé (atteint d'une infection cutanée, il fut en effet obligé d'interrompre pendant une semaine le tournage et de paraître ensuite sur le plateau avec un voile recouvrant son visage), c'est bien pour ce jeune homme et accessoirement son protégé qu'il le fait. D'ailleurs, qu'il l'affuble du masque de la bête est comme un écho troublant à sa propre condition physique d'alors et renvoie donc au plus profond de la thématique de son cinéma. Et même si l'on sait que Jean Marais s'éloignait déjà de son amant de metteur en scène durant le tournage, il est évident que la caméra de Cocteau ne fait qu'enregistrer langoureusement les battements de son coeœur meurtri et couche à jamais sur la pellicule son amour éperdu. Quelle plus belle déclaration en fait ?


 

Critique "aVoir-aLire.com"




Triomphe du cinéma français d’après-guerre, cette adaptation d’un conte est à la fois le plus gros succès de Jean Cocteau, un chef-d’œuvre du symbolisme et, avec Orphée, son film internationalement le plus connu. Il s’agit de son second long métrage en tant que réalisateur, après Le sang d’un poète (1930). Scénariste et dialoguiste inspiré sous l’Occupation, Jean Cocteau réalise un film culte en narrant le récit d’une belle (la délicate Josette Day), éprise de l’ami de son frère, et qui doit un jour accepter de cohabiter avec une Bête monstrueuse qui l’aimera d’une passion sincère. Après L’Éternel retour, le film confirma le statut de vedette de Jean Marais qui tient ici un triple rôle, l’être aimé Ludovic et le Prince charmant complétant le personnage de la Bête. Jean Cocteau y développe ses thématiques du double et des faux semblants, et s’avère le maître d’un réalisme magique, dans le digne héritage d’un Méliès : les trucages artisanaux, mais techniquement supérieurs pour l’époque (le gant qui permet de traverser le mur, les fleurs qui s’ouvrent, l’envolée des amants au dénouement), s’avèrent être d’une force poétique majeure.« Mais vous êtes un animal, la Bête », réplique la Belle à la demande en mariage. On songe à Fay Wray prise en otage par King Kong, à la fois effrayée et subjuguée par une créature hors norme, mais dont le sentiment de compassion l’emporte sur celui de répulsion. La Belle et la Bête est au carrefour du film d’auteur (bien avant que la Nouvelle Vague n’ait la prétention d’inaugurer le genre) et d’une mythologie authentiquement populaire, bien servie par les meilleurs artisans du cinéma de l’époque. La photo de Henri Alekan, les costumes de Marcel Escoffier, le maquillage d’Arakelian ou la musique de Georges Auric forment autant de contributions majeures à une œuvre personnelle mais enrichie d’un travail collectif. Il faut aussi souligner la réussite des seconds rôles avec Marcel André en père aimant, Mila Parély en peste divine et Michel Auclair en jeune premier ténébreux. La Belle et la Bête a été présenté dans la sélection officielle Cannes Classics du Festival de Cannes 2013 à l’occasion d’une soirée Jean Cocteau. La copie a été restaurée en numérique par SNC/Groupe M6 et la Cinémathèque française, avec le soutien du Fonds Culturel Franco-Américain.

 


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La pie voleuse

La pie voleuse

Un programme de trois courts-métrages d'Emanuele Luzzati et Giulio Gianini (France - 2013 - 0h35)


 

Film "Ciné-Mômes" : 4 euros pour tous

pie voleuse affiche uneFilm recommandé à partir de 3 ans

L'Italienne À Alger (1968)
Lindoro et sa fiancée Isabella, naviguant depuis Venise, font naufrage sur les côtes d’Alger. Ils sont faits prisonniers par le pacha Moustafa en quête d’une nouvelle épouse...

Polichinelle (1973)
Dans une petite maison au pied du Vésuve vit un drôle de coquin. Menteur et paresseux, Polichinelle poursuivi par sa femme et par les gendarmes, se réfugie sur le toit et se met alors à rêver de triomphe et de gloire...

La Pie Voleuse (1964)
A la tête d'un régiment de mille soldats, trois puissants rois se mirent en marche pour faire la guerre aux oiseaux. Mais la pie leur donnera du fil à retordre...

 

 

 

 

Critique "Télérama"




La Pie voleuse (1964), L'Italienne à Alger (1968), Polichinelle (1973) : trois beaux courts métrages d'animation (trente-six minutes en tout) réalisés à quatre mains par le duo d'artistes italiens Ema­nuele Luzzati et Giulio Gianini. Parfois réunies sous le titre Rossini pour les enfants, ces miniatures en ­papier découpé et peinture transposent chacune l'ouverture d'un opéra, et irradient une lumière à la Chagall





 

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Rio 2 (2D et 3D)

Rio 2 (2D et 3D)

Film d'animation de Carlos Saldanha (Etats-Unis - 2014 - 1h41)


 

Rio 2 affiche  prov uneBlu a pris son envol et se sent désormais chez lui à Rio de Janeiro, aux côtés de Perla et de leurs trois enfants. Mais la vie de perroquet ne s’apprend pas en ville et Perla insiste pour que la famille s’installe dans la forêt amazonienne. Alors que Blu essaie de s’habituer à ses nouveaux voisins, il s’inquiète de voir Perla et ses enfants beaucoup plus réceptifs à l’appel de la jungle.

 


 

Critique "aVoir-aLire.com"


Trois années après le beau succès du premier opus en 2011, voici la suite des aventures des aras bleus au Brésil. Carlos Saldanha s’occupe à nouveau de la mise en scène pour exposer au monde entier les beautés de son pays façon carte postale. Peu importe les clichés pourvu qu’on ait l’ivresse. Tel est le parti pris du cinéaste qui offre aux spectateurs des séquences de vol magnifiques dans les somptueux décors de Rio de Janeiro et la forêt Amazonienne. Cette beauté plastique est exacerbée par la 3D.
Si le scénario n’est pas original et s’avère prévisible dans les grandes lignes, la principale satisfaction vient du rythme trépidant de l’ensemble. Les péripéties du tandem humain entrecoupent celles de la famille de perroquets. Entre deux chansons aux chorégraphies virevoltantes, les blagues pour petits et grands fusent dans tous les sens.

La réussite du long métrage provient de l’humour reposant sur l’humanisation extrême des comportements de ces perroquets et autres animaux de la jungle. Le film embrasse les stéréotypes pour mieux les tourner en dérision. Au point que si certaines scènes avaient été enregistrées avec de vrais humains, elles auraient sans aucun doute conservées toute leur efficacité comique.
L’évolution de l’histoire se concentre sur le rôle des parents, de la relation avec leurs enfants mais aussi la relation de couple. Cela amène une bonne dose d’humour réservé aux adultes en complément des blagues potaches à destination des plus jeunes. On pense aux scènes parodiant un jeu de télé-crochet, simplement hilarantes. De plus, un grand nombre de séquences font référence aux classiques littéraires ou cinématographiques à destination d’un public mûr et apportent ainsi un second niveau de lecture bienvenu. Au final, les parents sont susceptibles de rigoler au moins autant que leurs bambins.

Cette trame écologique où des héros bleus veulent sauver leur forêt face aux bulldozers rappelle fortement un certain Avatar. Un parallèle sous forme de clin d’œil certainement voulu par le réalisateur.
Même si on râle face à une approche manichéenne sans une once de profondeur et un récit tout aussi banal que sa morale, on se réjouit de tout le reste.
En effet, cette suite surprend par son rythme soutenu où se succèdent les multiples séquences comiques dans un tourbillon coloré et festif qui donne la pêche.
Rio 2 surpasse le premier volet les plumes dans le bec. Il remplit à merveille ses deux principaux objectifs : amuser et divertir petits et grands.

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