Belle et Sébastien

Belle et Sébastien

Film de Nicolas Vanier (France - 2013 - 1h35) avec Félix Bossuet, Tchéky Karyo, Margaux Chatelier, Dimitri Storoge, Urbain Cancelier, Mehdi...


 

BelleEtSebastien affiche uneÇa se passe là-haut, dans les Alpes.
Ça se passe là où la neige est immaculée, là où les chamois coursent les marmottes, là où les sommets tutoient les nuages.
Ça se passe dans un village paisible jusqu’à l’arrivée des Allemands.
C’est la rencontre d’un enfant solitaire et d’un chien sauvage.
C’est l’histoire de Sébastien qui apprivoise Belle.
C’est l’aventure d’une amitié indéfectible.
C’est le récit extraordinaire d’un enfant débrouillard et attendrissant au cœur de la Seconde Guerre Mondiale.
C’est l’odyssée d’un petit garçon à la recherche de sa mère, d’un vieil homme à la recherche de son passé, d’un résistant à la recherche de l’amour, d’une jeune femme en quête d’aventures, d’un lieutenant allemand à la recherche du pardon.
C’est la vie de Belle et Sébastien…

 

 

Entretien avec Nicolas Vannier (CommeauCinema.com)


Comment est né Belle et Sébastien ?

Contrairement à tous les projets que j’ai menés jusqu’ici, ce n’est pas moi qui suis à l’origine de Belle et Sébastien. Au départ, l’idée vient du producteur Clément Miserez, de mes coscénaristes Fabien Suarez et Juliette Sales, et des gens de la Gaumont. Or, lorsqu’ils se sont interrogés sur un nom de metteur en scène, il se trouve que j’étais leur premier choix. C’est tombé au bon moment pour moi car je venais justement de reporter le projet sur lequel je travaillais pour des raisons de financement !

Quel souvenir gardez-vous du feuilleton télévisé ?

Quand j’étais petit, j’étais complètement accro à cette série ! Il faut dire que j’étais déjà passionné par les animaux, la nature et la montagne et que j’en ai gardé un souvenir profondément ancré en moi. ce n’est pas anodin puisqu’à l’âge adulte je me suis entière- ment consacré aux chiens et à la nature. Du coup, quand on m’a proposé ce projet, j’étais presque intimidé par rapport au souvenir que j’en avais gardé : pour moi, il ne s’agissait pas d’une banale série télé mais d’une longue suite d’épisodes plus extraordinaires les uns que les autres. C’était donc un véritable défi à relever, ce qui n’était pas pour me déplaire, même si c’était un peu angoissant. J’étais tellement marqué par les sensations fortes que Belle et Sébastien avait éveillées en moi que je me sentais un vrai devoir de réussite. Dès lors, il fallait réaliser un film pour le cinéma, forcément différent de la série télé, tout en restant fidèle aux fondamentaux de l’histoire, c’est-à-dire à ses personnages et à son univers.

Dans quelle direction avez-vous cherché à orienter la transposition ?

Dès le premier rendez-vous avec Gaumont, j’ai expliqué que j’étais prêt à tourner le film sous certaines conditions. D’abord, il fallait trouver un enfant exceptionnel tant par la force du regard que par la personnalité. ensuite, je tenais à tourner sur trois saisons. Enfin, je souhaitais transposer le film à l’époque de la seconde Guerre mondiale. C’était un parti-pris esthétique car je ne voulais pas montrer la montagne telle qu’elle est devenue aujourd’hui : je souhaitais retrouver un paysage montagnard de chalets et de villages en lauze, dont l’harmonie de couleurs et de matières fait écho au cuir, au chanvre et au bois des vêtements et des objets de l’époque. C’est donc cette volonté esthétique qui a servi la dramaturgie et qui m’a permis de renouer avec une dimension essentielle de la série : l’aventure, le voyage et la notion de passage. la guerre et la fuite des Juifs vers la suisse s’inscrivaient parfaitement dans cette continuité.

Comment s’est passée la collaboration avec vos coscénaristes ?

C’était une jolie rencontre, tant sur le plan professionnel qu’amical. Ce n’est pas évident car il m’est arrivé de travailler avec de formidables scénaristes et de buter sur des problèmes de rythme. Ici, l’alchimie a très bien pris entre nous, ce qui nous a permis d’avancer très vite et d’être réactifs, sans qu’on ait besoin de s’attribuer de rôles. on fonctionnait surtout par l’échange : parfois, mes coscénaristes avaient leurs propres idées qu’ils me communiquaient et, à d’autres moments, c’est en discutant tous les trois que certaines pistes ont émergé. C’était un véritable travail collégial.

Avez-vous souhaité rester fidèle aux personnages de la série ?

J’ai revu la série une seule fois, chez moi, muni d’un petit carnet et d’un crayon, et dès qu’un élément m’apparaissait important, qu’il s’agisse d’un personnage ou d’un lieu, je le notais. Cela m’a permis de garder en mémoire ce qui me semblait nécessaire de retrouver dans l’adaptation. J’ai préféré ne voir les épisodes qu’une seule fois pour pouvoir ensuite m’en affranchir et prendre de la distance par rapport à l’histoire originale. Puis, j’ai repris point par point la trentaine d’éléments qui devaient absolument figurer dans le film.

Belle et Sébastien est aussi un récit d’apprentissage.

Oui, car au-delà du sujet qui me plaisait beaucoup, ce qui m’intéressait, c’était de construire une véritable fiction, d’autant que ce n’était pas le cas de mes deux précédents films qui se rapprochaient davantage du documentaire. De même que je suis passé du récit de voyage au roman, j’ai profondément envie aujourd’hui de raconter des histoires fictionnelles avec des personnages qui suivent des trajectoires et qui évoluent. Je souhaite aussi parler de mon pays, la France, car c’est une terre que j’adore, même si j’ai passé beaucoup d’années à l’étranger. C’est pour toutes ces raisons que je me suis autant investi dans ce projet en attachant beaucoup d’importance à l’écriture et à la mise en scène afin qu’on ne soit jamais dans la caricature.

Vous brossez un très beau portrait de ces savoyards qui sont des taiseux...

Je voulais montrer un monde que je connais bien puisque j’ai passé une grande partie de ma vie auprès de montagnards qui ressemblent beaucoup aux habitants du Grand nord. Ce sont des gens qui parlent peu mais qui agissent. Je me souviens d’un vieux chasseur de chamois – un amoureux fou de la montagne qui m’a initié à son univers quand j’avais 17 ou 18 ans – qui ne prononçait presque jamais un mot. en apparence, il pouvait sembler un peu autiste car il était incapable de dire «bonjour» ou «Au revoir». et pourtant, il savait glisser un morceau de pain dans la gibecière d’un voyageur qui avait trois heures de route devant lui. J’aime ces gens qui agissent davantage qu’ils ne causent : je suis effaré par l’importance que prend aujourd’hui la communication. De même, je tenais à montrer que les rapports entre un humain et un chien peuvent échapper aux dérives actuelles, où les gens se retrouvent complètement gâteux face à leur animal et les traitent comme des enfants ! Il me paraissait essentiel de mettre en avant un rapport sain entre homme et animal, où chacun reste à sa place.

Les producteurs n’ont pas hésité à vous laisser tourner sur trois saisons ?

Pas du tout, et il faut bien avouer que c’était courageux de leur part. Non seulement en raison de la présence d’un enfant et d’un chien, mais aussi des difficultés logistiques. C’était donc un pari coûteux et risqué. Mais je n’aurais pas pu montrer la montagne uniquement en été ou en hiver : j’éprouvais un réel besoin de dévoiler ses différentes couleurs au fil des saisons. Tout comme Sébastien, la montagne constitue un personnage à part entière.

Comment se sont déroulés les repérages ?

C’est un poste sur lequel la production a réalisé d’énormes économies ! Car, si j’ose dire, j’ai effectué les repérages au cours des trente années que j’ai passées à sillonner la montagne. Du coup, je savais exactement à quel endroit je souhaitais tourner : la vallée de la Haute Maurienne Vanoise. d’ailleurs, dès l’écriture du scénario, je notais dans la marge les lieux auxquels je pensais pour les différentes scènes. Certains noms viennent de la série, d’autres sont imaginaires et d’autres encore font référence à des souvenirs d’enfance.

Quels étaient les plus grands défis sur le tournage ?

Rien ne me paraissait insurmontable, ni le tournage en montagne, ni la présence du chien. Le plus difficile, c’était de diriger un enfant car une grande partie du film reposait sur sa capacité à vivre cette aventure de bout en bout. Même si, dès le départ, j’étais confiant, je suis resté prudent parce que je suis conscient qu’à 7 ans et demi, tout peut arriver ... La vraie grande surprise a été la faculté de Félix à comprendre ce que j’attendais, à ne jamais sur-jouer, à émettre des propositions de jeu pertinentes et à être constamment dans la finesse. C’est ce qui a donné une énergie formidable à tout le monde sur le plateau. Car au-delà des qualités d’écriture et de mise en scène du film, c’est vraiment Félix qui porte le projet.

Comment avez-vous trouvé le petit Félix ?

Nous avons reçu près de 2400 candidatures pour le rôle de Sébastien. La directrice de casting n’avait jamais vu un tel engouement : alors qu’en général les gens veulent lire le scénario, la célébrité de la série et mon nom attaché au projet ont suffi à rassurer et à susciter l’enthousiasme de nombreux parents qui ont envoyé les photos de leurs enfants. 200 d’entre eux ont été présélectionnés, puis à partir de visionnages et d’essais, j’en ai retenu une douzaine que j’ai emmenés dans le Vercors, où j’ai des chiens de traineau. Pendant ces quelques jours, j’ai vécu avec ces enfants, je les ai observés et j’ai appris à les connaître. et même s’il ne restait plus que trois candidats possibles, j’ai très vite su qui je voulais et j’ai imposé Félix, envers et contre tout, bien que d’autres aient pu sembler plus mignons au premier abord. peu m’importait qu’ils aient déjà une expérience de tournage ou pas. J’ai aimé la personnalité de Félix, qui est un enfant intelligent et courageux, mais qui peut rapidement se fermer comme une huître si on ne prend pas le temps de se faire accepter par lui. Il a quelque chose de déconcertant et d’étrange mais dans lequel je décelais une finesse qui n’appartient qu’à lui.

Autour de Félix, les autres comédiens sont épatants...

Tchéky Karyo s’est imposé d’emblée dans le rôle de césar. Alors qu’il tient souvent des rôles antipathiques, j’avais envie qu’il évolue progressivement vers la lumière, même si on n’a pas une sympathie immédiate pour lui. C’était donc un changement intéressant par rapport à son image auprès du grand public. Très vite, je lui ai expliqué qu’il ne fallait pas qu’il y ait la moindre ambiguïté sur ses rapports avec les autres personnages : Angélina n’est pas sa maîtresse et Sébastien est son «petit-fils» d’adoption. Même si je n’ai pas beaucoup d’expérience en matière de direction d’acteur, je crois que mon besoin de précision l’a rassuré.
Quant à Margaux Chatelier, tout comme Félix, je l’ai imposée par rapport à des actrices plus connues, car elle incarnait exactement le personnage que je souhaitais. dès que je l’ai vue pendant les essais, elle a été une évidence !
On a eu énormément de chance pour le rôle du lieutenant Peter. en effet, après pas mal de recherches infructueuses, j’ai dû prendre une décision de dernière minute, en visionnant une vidéo d’Andreas Pietschmann sur mon portable : je l’ai trouvé formidable et quand je l’ai rencontré, mon impression s’est largement confirmée.

On retrouve Mehdi, emblématique de la série, dans le rôle d’André…

Au début du projet, j’ai considéré qu’il s’agissait d’une contrainte qui s’imposait d’elle-même : il me paraissait impossible de monter ce film, sachant qu’il était acteur, sans lui proposer un rôle. très vite, j’ai envisagé de lui confier celui d’André, le chasseur auprès duquel Sébastien tente d’obtenir des informations sur la «bête». Lors de notre première rencontre, nous étions un peu sur nos gardes tous les deux et je me suis même demandé, au départ, si je n’aurais pas préféré qu’il refuse ma proposition car j’avais le sentiment qu’il était un peu «l’œil de moscou» sur le film... On ne s’est pas revu dans les semaines qui ont précédé le tournage mais lorsqu’on a commencé à travailler ensemble, il m’a beaucoup ému. Il avait de grandes bouffées de nostalgie en replongeant dans cet univers et un jour il m’a fait le plus beau des compliments en me disant «maman serait fière». La sincérité avec laquelle il s’est exprimé m’a permis de sentir toute sa sensibilité et on est tombé dans les bras l’un de l’autre : dès cet instant, on est devenus amis. Autant dire que sa présence a été un vrai moteur et m’a donné une énergie nouvelle. C’est aussi à ce moment que j’ai perçu son appréhension : il tenait à ce que le film reste fidèle à l’image qu’il avait gardée de cette histoire imaginée par sa mère.

Avez-vous eu du mal à trouver les «interprètes» de Belle ?

À partir d’un certain nombre de critères de poids et de taille, une centaine de chiens ont été repérés. ils ont été longuement observés par Andrew Simpson, qui a dressé les animaux pour Le Dernier Trappeur et Loup et en qui j’ai toute confiance. Il en a retenu 7 ou 8, qu’il a fait travailler, puis il en a gardé trois au final : Garfield, la chienne vedette, et deux autres qui ont servi de doublures. elles avaient chacune des caractères spécifiques pour jouer dans des scènes plus ou moins dynamiques ou calmes. En revanche, quand on voit un gros plan du chien, c’est toujours Garfield.

Quels ont été vos choix de mise en scène ?

Si on doit les résumer en un mot, je dirais la sobriété. Une sobriété calculée, recherchée et assumée. Ce qui n’est pas synonyme de facilité. en l’occurrence, j’ai été formidablement bien assisté par Luc Drion, opérateur qui a un sens du cadre d’une précision extrême, et par Eric Guichard, directeur de la photo d’une grande justesse en termes de lumière. Collaborer avec ces deux professionnels était une chance : on s’est très vite trouvé tous les trois car nous partagions la même volonté de construire le film en le rythmant par l’alternance de phases descriptives et de phases d’action. du coup, au niveau du découpage, on essayait dans la mesure du possible d’avoir en un plan ce que d’autres obtiennent en deux.

Parlez-moi de la musique.

C’est Gilles Legrand d’épithète, coproducteur du film, qui m’a permis de rencontrer Armand Amar. Au-delà de la qualité de son travail, ce qui est formidable avec lui, c’est qu’on peut être franc et lui dire «je n’aime pas». Il n’argumente pas une seconde, même s’il est convaincu par ce qu’il vient de faire : il jette le morceau à la poubelle et il propose autre chose. Au départ, nous n’étions pas vraiment sur la même longueur d’onde, ce qui est logique car il faut du temps pour trouver ses marques entre un réalisateur et un musicien. puis, il y a eu une sorte de déclic entre nous et à partir de là, Armand s’est pour ainsi dire envolé ! c’était un vrai bonheur de l’appeler pour lui dire que j’avais été ému aux larmes par certaines de ses compositions.

On retrouve la mélodie de la série dans la bande-originale du film.

Cela me paraissait fondamental. Armand en était, lui aussi, convaincu, même si c’était plus difficile de travailler à partir de cette contrainte : cela aurait pu constituer un carcan dont il aurait pu ne pas se libérer mais il a formidablement relevé le défi.

Et les voix ?

Armand a eu l’idée de Zaz, dont la voix un peu grave tranche agréablement avec le timbre plus doux de Félix : je trouve qu’elle apporte énormément d’émotion au film. Quant à la voix enfantine, c’est celle de Félix ! en effet, j’ai découvert presque par hasard qu’il avait aussi des capacités vocales : alors que nous étions partis main dans la main en repérages pour voir le refuge, il s’est mis à chantonner et je me suis aperçu qu’il se débrouillait très bien. J’en ai parlé à Armand, qui était un peu surpris au départ, puis qui a constaté que Félix avait une voix merveilleuse.

 

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La reine des neiges

La reine des neiges

Film d'animation de Chris Buck et Jennifer Lee (Etats-Unis - 2013 - 1h48)


 

reine des neiges affiche uneAnna, une jeune fille aussi audacieuse qu’optimiste, se lance dans un incroyable voyage en compagnie de Kristoff, un montagnard expérimenté, et de son fidèle renne, Sven à la recherche de sa sœur, Elsa, la Reine des Neiges qui a plongé le royaume d’Arendelle dans un hiver éternel… En chemin, ils vont rencontrer de mystérieux trolls et un drôle de bonhomme de neige nommé Olaf, braver les conditions extrêmes des sommets escarpés et glacés, et affronter la magie qui les guette à chaque pas…
Anna et Kristoff vont devoir rivaliser de courage et d’inventivité pour survivre et sauver le royaume du chaos...

 


 

Critique "Le Parisien"


C’est une vieille partition : dès les premiers courts-métrages animés produits sous sa houlette — « Oswald le lapin chanceux » (1927) ou « Steamboat Willie » (1928) —, Walt Disney insista pour que la musique ait une valeur aussi importante que les images. Un principe qui fut également de mise avec « Blanche-Neige » (1937), premier long-métrage animé du studio, et les suivants.

Pourtant, au fil des années, le studio a eu tendance à lever le pied sur les ritournelles dans ses films, jusqu’à parfois faire carrément l’impasse. Mais « la Reine des neiges », qui sort aujourd’hui en France, marque un retour au dessin animé musical, avec pas moins de huit chansons interprétées par les personnages principaux et secondaires du film. Et quelles chansons! Enlevées, entraînantes et jouées plein pot lors des projections, elles contribuent pleinement à faire de cette histoire de princesses venues du froid un très grand Disney.

« La Reine des neiges » conte le destin d’Elsa, princesse d’un fjord du Nord frappée par une terrible malédiction : tout ce qu’elle touche se transforme en glace. Elle refuse donc tout contact physique avec ses proches, au risque de leur geler le cœur de façon irrémédiable, mais elle va tout de même finir par plonger son royaume dans un hiver éternel. Sa jeune sœur, Anna, va alors entreprendre un périlleux voyage dans les montagnes en compagnie d’un bûcheron, d’un renne et d’un bonhomme de neige facétieux pour tenter de mettre fin à la malédiction.

Adapté d’un conte d’Andersen et de légendes nordiques, le film bénéficie d’un graphisme extrêmement soigné qui colle magnifiquement à son histoire, pour lequel les animateurs du studio se sont rendus en Norvège afin de s’inspirer des costumes folkloriques locaux, des paysages somptueux (fjords, montagnes, lacs…) et des arts décoratifs du pays. Le tout au service d’un scénario qui, s’il est ancré dans le conte traditionnel, s’avère d’une grande modernité grâce à ces deux princesses de choc, aussi impétueuses que têtes brûlées.

Et puis, il y a les fameuses chansons, qui rythment cette histoire sur un tempo endiablé. Le studio a fait appel au duo américain montant de la comédie musicale, Robert Lopez et son épouse, Kristen Anderson-Lopez, compositeurs du musical « The Book of Mormon » qui cartonne actuellement à New York et Londres. De même, pour l’adaptation française du film, le studio a préféré recruter — à l’exception notable de Dany Boon qui interprète le bonhomme de neige Olaf — des chanteurs issus de comédies musicales plutôt que des comédiens pour doubler les personnages. De bonnes idées, qui concourent à faire de « la Reine des neiges » un remarquable dessin animé musical, que Walt Disney aurait entièrement approuvé. Ce qui tombe bien : Walt avait déjà eu lui-même le projet d’adapter le conte d’Andersen à l’écran.


 

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Jack et la mécanique du coeur (Avant-Première et Ciné-Gouter)

Jack et la mécanique du coeur (Avant-Première et Ciné-Gouter)

Film d'animation de Mathias Malzieu et Stephane Berla avec les voix de Mathias Malzieu, Olivia Ruiz, Grand Corps Malade et Jean Rochefort... (France - 2013 - 1h42)


 
Jack mecanique AP evenement une

Ciné-Goûter : Tarif unique : 7 euros ou carte d'abonnement + 2 euros


Édimbourg 1874. Jack naît le jour le plus froid du monde et son cœur en reste gelé. Le Docteur Madeleine le sauve en remplaçant son cœur défectueux par une horloge mécanique. Il survivra avec ce bricolage magique à condition de respecter 3 lois: premièrement ne pas toucher à ses aiguilles, deuxièmement maîtriser sa colère et surtout ne jamais Ô grand jamais, tomber amoureux. Sa rencontre avec Miss Acacia, une petite chanteuse de rue, va précipiter la cadence de ses aiguilles. Prêt à tout pour la retrouver, Jack se lance tel un Don Quichotte dans une quête amoureuse qui le mènera des lochs écossais, à Paris jusqu'aux portes de l'Andalousie.

 

 

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100% Cachemire

100% Cachemire

Film de Valérie Lemercier (France - 2013 - 1h35) avec Valérie Lemercier, Bruno Podalydès, Gilles Lellouche, Marina Foïs...


 

100-cachemire-affiche uneAleksandra et Cyrille forment un couple de Parisiens très chanceux, très en vue, et très tendance. Dans ce foyer 100% cachemire et sans enfant, va faire irruption Alekseï, un petit garçon russe de sept ans…

 

 

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Hunger games – l’embrasement

Hunger games – l’embrasement

Film de Francis Lawrence (Etats-Unis - 2013 - 2h26) avec Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth...


 

 

Hunger games 2 affiche uneKatniss Everdeen est rentrée chez elle saine et sauve après avoir remporté la 74e édition des Hunger Games avec son partenaire Peeta Mellark.
Puisqu’ils ont gagné, ils sont obligés de laisser une fois de plus leur famille et leurs amis pour partir faire la Tournée de la victoire dans tous les districts. Au fil de son voyage, Katniss sent que la révolte gronde, mais le Capitole exerce toujours un contrôle absolu sur les districts tandis que le Président Snow prépare la 75e édition des Hunger Games, les Jeux de l’Expiation – une compétition qui pourrait changer Panem à jamais…

 

 

Critique "aVoir-aLire.com"


L’intelligence et la réflexion sombre sur la guerre, les manipulations, l’empathie étaient déjà au centre du judicieux et très abouti La stratégie Ender. Avec Hunger Games, on remet les couverts. Exit le survival adolescent intimiste qui émanait des images de série B du premier volet. Arborant plus de 690M$ de recettes dans le monde, l’essentiel aux USA (400M$), la première adaptation de Suzanne Collins peut s’offrir cette fois-ci un budget conséquent, des effets spéciaux anoblis et une forte empreinte esthétique qui ne trahit jamais le parti pris naturaliste du film de Gary Ross. Francis Lawrence aux manettes (le chichiteux réalisateur de Je suis une légende, De l’eau pour les éléphants), on pouvait redouter un style ampoulé, opposé à la simplicité touchante des premières pierres posées. L’apport esthétique est bien réel, mais il n’est en rien une trahison aux idées premières de la saga, puisque le film s’inscrit dans la lignée directe de son prédécesseur, avec une structure identique .



Hunger Games commençait par une séquence de chasse forestière, se développait en préparatifs d’un show télévisé bling bling pour se poursuivre en jeu de télé réalité sauvage, avec une chasse à l’homme filmée, assez violente pour un teen movie. En toute fin, se levait la promesse d’un embrasement politique, quand les opprimés croient reconnaître en la grande gagnante des jeux de la mort, Katniss, le leader potentiel ou du moins le symbole inespéré d’une rébellion contre un pouvoir dictatorial qui se nourrit du labeur du bas peuple divisé en sections qui n’ont en aucun cas le droit de communiquer entre elles. Le second segment, démarre de la même façon, avec des scènes qui font toujours écho au premier film : il s’agit de répéter les traumas d’une guerre aux conséquences psychologiques indélébiles pour la gagnante Katniss. On suit donc, des chemins narratifs assez semblables mis en exergue par une mise en scène vraiment impressionnante de beauté et d’efficacité. La copie de l’originale est ainsi évitée, a priori, par la prestance de la réalisation, à la fois fidèle mais plus puissante, plus belliqueuse, alors que même sur un plan politique, rien ne bascule vraiment, "l’embrasement" n’est qu’un titre... une parade pour alimenter le suspense et nous préparer à davantage de chaos. Hunger Games serait-il alors déjà en mode reboot ? Ne serait-ce pas là qu’une relecture friquée du premier opus ? Loin de là !


Si les premières minutes peuvent encore ennuyer, ce qui était le cas du premier chapitre qui était longuet, si l’on est encore accablé par la présence fade de Liam Hemsworth, au personnage romantique insipide digne d’un Twilight (d’ailleurs cette figure ressasse l’idée d’une hésitation sentimentale entre deux hommes pour l’héroïne), on comprend très vite où l’auteure et le réalisateur veulent en venir. Le scénario malin égraine intelligemment ses indices, jette des pistes, ouvre des portes et des perspectives d’un réel éclatement du système totalitaire. Dans un jeu de miroir où le double meurtrier n’est pas forcément celui que l’on croit, la manipulation opère et ose le rebondissement sur un pitch pourtant identique au premier. La fronde, la rébellion, est bien là, elle est latente, pesante, alors que la tyrannie agite encore sa main de fer, celle du fouet et des armes qui éradiquent la moindre saillie.





Hunger Games : l’embrasement prépare donc le boulot pour un final qui sera exploité en 2 films, mais en tant que segment transitoire, il se révèle nettement plus passionnant que son prédécesseur. Francis Lawrence muscle vraiment la réalisation, lui donne une race ; elle se fait magnifiquement l’oracle d’une tragédie, celle de l’oppression sur le peuple évidemment, d’un sacrifice individuel face au devoir collectif. Le sentiment d’injustice est prégnant face aux tours détestables du président Snow (Donald Sutherland), prêt à tout pour annihiler le symbole de rébellion potentiel que représente Katniss, y compris à altérer cruellement les règles du jeu de la mort pour l’y catapulter une seconde fois... L’anti-héroïne Katniss, intelligemment jouée par Jennifer Lawrence est froide, surtout animée par la rage, celle de vouloir défendre sa famille. Héroïne malgré elle... Élue malgré tout. Sa force virile de chasseuse née ne lui ôte nullement sa sensibilité et son sens de l’empathie qui est communicatif et nécessaire à sa survie et à la connivence du spectateur. Son calvaire, c’est d’abord celui des autres qui passe par son regard, ses sentiments naissants pour Peeta, personnage a priori plus faible de caractère, avec lequel elle forme un faux couple, en début de film, pour sauver sa peau aux yeux du capitole, la rend toujours plus remarquable d’humanité et donc plus tragique dans ses choix douloureux. Elle voit désormais la mort partout, ; le poids des cadavres laissés derrière elle est un lourd tribut à sa victoire. Cette destinée qui s’obstine à s’imposer à elle et qu’elle refuse de prendre à bras le corps, pendant tout le film, évoque celle d’Harry Potter qui doit très tôt se préparer au combat contre Voldemort et prendre conscience des desseins qui sont les siens, quelque-chose qui le dépasse pour s’inscrire dans l’acte sacrificiel C’est effectivement un dilemme monstrueux au centre duquel le réalisateur et les scénaristes situent la jeune femme et qui nourrit une pression qui semble ne jamais vouloir retomber. Le ton est poignant, le rythme de plus en plus haletant, oppressant. Peut-être dérangeant.



Dans Hunger Games : l’embrasement, il est difficile de savoir sur qui pouvoir compter ; alors, plus que jamais, la nécessité de trouver un allié pousse Katniss à des unions contre nature et les nouveaux personnages, adversaires ou non, sont de belles trouvailles que nous vous laisserons découvrir. Une fois plongé dans l’arène, un décor où tout évoque la série Lost, même un brouillard meurtrier, aux parfums vaporeux et morbide qui rappellent la fumée noire que l’on trouvait sur l’île énigmatique de J.J. Abrams, le danger devient total avec des éléments perturbants qui transcendent encore les pièges du premier film. La nature vierge et pourtant virtuelle de l’aire de jeu devient primitive, tout en restant futuriste. La fin est vénéneuse et le budget consistant opère un effet réel sur l’action qui, interrompue seulement par l’apparition du logo de la série, s’arrête soudainement, en plein milieu des événements.
On n’en reste pas avec un sentiment d’inachèvement, ni même de frustration, le spectacle ayant été intense, mais plutôt avec le goût délicieux d’une fin couperet que l’on n’attendait pas tomber si vite, lors d’un sommet d’intensité absolument capiteux.

 


 

Critique "Le Monde"


Après le premier Hunger Games sorti en mars 2012, le réalisateur Francis Lawrence (Je suis une légende) prend la suite de Gary Ross pour adapter le deuxième tome de la série romanesque à succès de Suzanne Collins. Toujours un peu lointain de l'enjeu passionnant que devrait constituer la population anonyme des districts, parfois un peu léger dans son questionnement sur les rapports complexes entre les dirigeants et la foule, la manipulation médiatique et l'équilibre universel à la romaine du "panem et circenses", ce deuxième opus n'est pas encore tout à fait à la hauteur de son potentiel.

Mais comme son prédécesseur, L'embrasement confirme à tous points de vue l'écrasante suprématie de la saga sur l'ensemble contrasté (et parfois consternant) des grosses productions pour adolescents et jeunes adultes : Twilight, Les Ames vagabondes, Sublimes Créatures et autres Mortal Instruments. Même incomplet, le questionnement politique qu'il propose reste une excellente matière à débat et un pont tout à fait valable vers l'approfondissement cinématographique et littéraire du sujet.

L'embrasement a par exemple l'intelligence de faire porter sa réflexion jusque sur certains détails a priori assez vides de sens. Le costume, par exemple, prend place au cœur de l'exposition des manipulations médiatiques, en devenant l'objet d'un questionnement intéressant sur le rôle du vêtement comme messager universel, et les passerelles étonnantes de l'accessoire au subversif : parce qu'il a aidé à construire puis à faire grandir le personnage médiatique de Katniss, le couturier Cinna, pourtant adulté par les nantis de Panem, est voué à être perçu par le Capitole comme une menace.

Ajoutons à cela une mise en scène efficace même sur la longueur (2 h 26), des traits intéressants dans les rôles secondaires (la glaçante et touchante Effie jouée par Elizabeth Banks), des acteurs investis et sérieux. Outre le vétéran Philip Seymour Hoffman dans le rôle du nouveau metteur en scène des Hunger Games, la petite bande des jeunes acteurs se tient bien, y compris dans ses partis pris les moins séduisants. Josh Hutcherson est et reste un Peeta réaliste dans son manque de carrure, et la belle Jennifer Lawrence continue de s'en tenir rigoureusement à son improbable charisme : froide, toujours à la limite de l'antipathie, brusque, têtue, moralement incertaine. Rien de tout cela ne relève du chef d'œuvre mais l'ensemble reste cohérent, solide, bien pensé, et constitue une sortie des plus recommandables à partager avec un adolescent en mal de divertissement intelligent.

 


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Amazonia (2D & 3D)

Amazonia (2D & 3D)

Film de Thierry Ragobert (France - 2013 - 1h23)


 

Amazonia affiche def uneSuite à un accident d'avion, Saï, un jeune capucin né en captivité se retrouve seul au coeur de l'immensité verte. Confronté à cet univers à la fois hostile et merveilleux, il va devoir s'adapter mais aussi se protéger de la férocité et de l'éxubérance d'une nature toute puissante. Saï va alors entamer un long voyage dont l'issue restera incertaine.

Pour la première fois, une équipe a tourné en 3D pendant plus d'un an dans la forêt amazonienne. Avec la participation d'une tribu de singes capucins, des jaguars, un anaconda, un kinkajou, une loutre, des dauphins roses, des crocodiles, une taïra, un tapir, des papillons sphinx, un tamandua, un coati, une harpie, un ara, 2,5 millions d'insectes et près de 40 000 espèces végétales.

 

 

Critique "La Croix"


Un frémissement dans le feuillage… Après la banquise, la forêt tropicale passionne le cinéma. Il y a deux semaines sortait en salles Il était une forêt de Luc Jacquet, documentaire aux images sublimes et au didactisme intelligent, tourné au Pérou et au Congo afin de sensibiliser aux richesses des dernières forêts primaires. Pour Amazonia, Thierry Ragobert a planté ses caméras au cœur de la plus vaste forêt de la planète, dans une démarche radicalement différente.

Entre fiction et documentaire, son film dénué de paroles suit un jeune capucin né en captivité, qu’un accident d’avion plonge dans un monde qu’il n’a jamais connu : le sien. Ce petit singe fait figure de candide. C’est avec lui et par lui que le spectateur s’immerge dans la forêt amazonienne. S’il se réfugie dans la carlingue à la première averse, il prend de l’assurance et s’en éloigne pour s’aventurer dans la végétation.

Certaines plantes jouent un rôle dans le récit, comme les noix de coco qu’il faut apprendre à casser en les jetant sur des pierres, les lianes pour atteindre rapidement la canopée ou l’arbre aux fruits attirants mais au tronc hérissé d’épines dissuasives. Cependant, contrairement au film de Luc Jacquet dont la forêt est l’héroïne, elle apparaît ici pour l’essentiel comme un beau décor où évoluent des animaux de toutes sortes.

Avec le capucin, on scrute les armées de fourmis rouges en défilé serré sur une écorce ou des sauterelles colorées et bondissantes. Si le film nous place comme lui en situation d’observateur, il offre aussi le contrepoint de son visage expressif et de ses mimiques amusantes : sa peur face à l’orage, sa fascination devant un phasme en forme de feuille, son babillage en réponse à une grenouille verte, son cri de reconnaissance lorsqu’il croise enfin un singe de son espèce, sa nervosité devant un alter ego hostile.

On frémit avec lui devant des crocodiles ou un jaguar. Drôle et touchant, ce récit d’initiation relate l’adaptation du capucin à la forêt et sa rencontre avec les siens, garantie de sa survie. Ce documentaire muet mais accompagné de la musique de Bruno Coulais montre la beauté de la forêt vierge, des suaves ondulations d’un mille-pattes au vol majestueux d’un papillon bleu géant aux méandres de l’Amazone en crue.

 

 

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Loulou, l’incroyable secret

Loulou, l’incroyable secret

Film d'animation de Grégoire Solotareff et Eric Ormond (France - 2013 - 1h20)


 

loulou affiche provisoire uneLoulou est un loup. Tom est un lapin.
Etonnamment, Loulou et Tom sont inséparables depuis leur tendre enfance.
Aujourd’hui adolescents, ils se la coulent douce au Pays des Lapins.

Mais Loulou qui se croyait orphelin apprend d’une bohémienne que sa mère est vivante.
Les deux amis partent alors à sa recherche dans la principauté de Wolfenberg,
le Pays des Loups.
Ils arrivent en plein Festival de Carne, rendez-vous annuel des plus grands carnassiers du monde.

L’amitié de Loulou et Tom survivra-t-elle dans ce pays où les herbivores finissent esclaves ou au menu du jour?
Quel incroyable secret entoure la naissance de Loulou ?

 

 

Critique "aVoir-aLire.com"


Loulou n’a pas pris une ride en 25 ans. Au cœur d’une animation crayonnée qui convoque le meilleur des contes pour enfants (la séquence d’ouverture dans la forêt, à la rencontre d’une sorcière, est superbe !), l’éternel adolescent aux crocs inoffensifs, accompagné de son pote lapin, part pour une grande aventure en ville. En quête maternelle d’une louve atypique, totalement farfelue, qui l’a jadis abandonné, le voilà confronté à la vraie nature des carnassiers, dans une cité qui accueille chaque année une manifestation dédiée à la chair.
Dans ce conte un peu moins poétique que l’artisanal U du même auteur, on s’amuse à découvrir la beauté esthétique d’une ville imaginaire perchée au sommet d’une montagne en forme de tête de loup, où cachots et couloirs obscurs mènent à un somptueux palais digne d’un Versailles de fable où princes et princesses sont des animaux animés par les mêmes vices et caprices que les hommes. Mesquinerie, bonhomie, naïveté constituent l’essentiel de ce conte écolo qui aime opposer sans pour autant apposer une critique lourde, la ville à la campagne, le bio à l’artifice...
L’humour se fraie la part belle du métrage grâce aux personnages secondaires, une renarde précieuse du nom de Scarlett (voix d’Anaïs Demoustier), qui aime abuser de ses charmes et rêve de grandes aventures, et surtout la présence du compagnon d’infortune de Loulou, l’irrésistible lapin Tom, proie pas si facile au pays des mangeurs de protéine sanguine (voix Stéphane Debac) ; il y a aussi le rustre macho Paul-Loup qui représente les bas instincts de l’homme réduit au statut de militaire imbu de sa personne et dévoreur de bonne chair, sans oublier la grosse cochonne Rosetta, à la générosité débordante de partout, surtout au balcon... Loulou, venu "à poil" de la campagne, a été vite revêtu d’un costume de dandy pour se conformer aux civilités urbaines, dans une cité où il espère trouver sa louve de mère, une excentrique un peu décevante à vrai dire (s’il n’y avait pas sa plante carnivore facétieuse qui, elle, est une géniale idée). Le personnage mignonnet de Loulou plaira sûrement aux parents, mais paraît plus fade pour les adultes.


Peu importe, cette production calibrée pour les fêtes de Noël (sortie le 18 décembre) offrira une charmante alternative, 100% made in France, aux offensives de Disney et des autres majors américaines. On ne vous demandera pas de consommer français, mais dans ce cas de figure, le produit du terroir est suffisamment goûteux pour aller y pointer sa truffe humide de vieux loup enrhumé.

 

 

Critique "Kritikat.com"


Qu’on ne s’y trompe pas : s’il a beau être réalisé par Éric Omond – lui-même issu de la bande dessinée –, Loulou est, comme son affiche l’indique, un film « de » Grégoire Solotareff. Cet auteur de très beaux livres pour enfants (Un chat est un chat), déjà passé au long-métrage de cinéma avec brio en 2006 avec U, prolonge ici l’histoire d’un de ses personnages clés, Loulou, un jeune loup adopté et élevé par des lapins. Après plusieurs livres, il avait déjà été le centre du premier pas dans l’animation de Solotareff en 2003, en moyen métrage. Il part ici en compagnie de son « frère » (lapin) Tom, à la rencontre de ses origines, une dynastie de loups aristocrates, à l’occasion d’un « festival de carne » où carnassiers et herbivores ne font pas bon ménage.

La capacité qu’a l’écriture de Grégoire Solotareff à accrocher provient d’un joli travail de ton, qui se garde bien d’affecter d’ingénuité tous les timbres de voix au prétexte que cela serait un point indispensable du cahier des charges d’un film d’animation. U était déjà la preuve que non : esquivant soigneusement toute forme de régression candide, les films de Solotareff s’efforcent de sonner dur, de donner de leur voix rocailleuse (Sanseverino dans U), et amènent ainsi à s’entrechoquer d’une part un ton léger, familier, quotidien, et d’autre part tout de même une forme de merveilleux (s’approchant ainsi de la série de bandes dessinées Donjon, par exemple).

Le résultat est donc une sorte de dessin-animé-pour-enfants-pour-adultes, dont la trajectoire est celle du conte initiatique, mais dont les personnages ne semblent s’adresser qu’à moitié au jeune public tant le texte multiplie les clins d’œil aux grandes personnes (Simon-Edgar Finkel, « souvent renarde varie », « le loup est un loup pour le loup »…), notamment dans les voix. Le récit de Loulou prend son point de départ dans un de ces havres de bohème paresseuse chers à Solotareff, avec un arbre-maison qui n’est pas sans rappeler U, mais s’embarque rapidement dans l’exploration d’une cité médiévale en forme de tête de loup, dont le quotidien n’est que mondanités, réceptions et chasses dans la forêt avoisinante. Si l’on voit d’abord le film se laisser mollement porter par la courte ambition de dénouer une intrigue à trois ou quatre personnages à l’intérieur d’un espace clos, il faut bien reconnaître à Loulou une éclosion en deuxième partie qui voit Solotareff aller battre les terres de Miyazaki, lançant de francs appels du pied à des films comme Mononoké – la chasse au dieu-cerf ici mû en biche, la guerre entre la civilisation invasive, destructrice, et l’ordre naturel mangeur-mangé – ou Chihiro – la sorcière-corbeau multiforme. Citant le maître japonais par motifs plus que par atmosphère générale, Loulou en récupère néanmoins une forme de grâce poétique qui entonne une nouvelle voix dans le chœur du film, un appel onirique.

À l’arrivée, c’est toujours avec beaucoup de plaisir qu’on reconnaît cette façon de laisser le récit s’habiter autant qu’on le souhaite, se débarrassant ainsi de la tradition de candeur forcée du répertoire « jeunesse ». Cette race de films d’animation, qui est aussi celle de Fantastic Mr Fox par exemple, n’affleure que trop rarement et, il faut le dire, trop souvent de réalisateurs dont la participation au cinéma jeune public n’est que ponctuelle, irrégulière, aussi souhaite-t-on à Grégoire Solotareff d’attendre un peu de moins de sept ans, cette fois, pour produire son troisième long-métrage.

 

 

 

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Le Secret de l’étoile du nord

Le Secret de l’étoile du nord

Film de Nils Gaup (norvège - 2012 - 1h22) avec Anders Baasmo Christensen, Agnes Kittelsen, Vilde Zeiner...


 

secret de l'étoile du nord affiche unePour rompre la malédiction qui a privé le Roi de sa fille bien aimée, Sonia, une jeune orpheline, part en quête de l'Étoile du Nord, l'astre qui veille sur Noël. Commence alors pour elle un fabuleux voyage…

 

 

Critique "La Croix"


Nouvelle adaptation d’un des contes scandinaves les plus populaires, cette aventure haletante, pleine de lutins, d’animaux sauvages doués de conscience et menant le spectateur jusqu’au repaire du père Noël, est destinée en priorité aux moins de 7 ans. L’histoire est celle de la jeune Sonia, exploitée par une horrible mégère au cœur d’une grande forêt enneigée. Après des années de captivité, Sonia s’enfuit pour retrouver l’Étoile du Nord, qui a disparu dans le ciel et fait – sans qu’elle le sache – le malheur du roi qui, il y a bien longtemps, a perdu sa fille. Un comte stupide qui lorgne sur le trône, une sorcière cupide qui se verrait bien en nouvelle reine, un bon souverain crédule et noyé de chagrin : voilà les ingrédients de cette aventure pleine de bons sentiments où les gentils sont très gentils et les méchants pas trop effrayants.

 

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L’apprenti Père Noël et le flocon magique

L’apprenti Père Noël et le flocon magique

Film d'animation de Luc Vinciguerra (France - 2013 - 1h30)


 

apprenti pere noel flocon affiche uneCette fois, c’est officiel : Nicolas est le nouveau père Noël. Sacrée responsabilité pour un petit garçon de 7 ans !…
Mais à deux jours de sa première tournée, Nicolas doit faire face à une terrible crise : Aux quatre coins du monde, la magie de Noël est en train de disparaître, et c’est lui qui en est la cause !
Car Nicolas a contracté la maladie des enfants qui veulent grandir trop vite : La grande-Personnelose ! Le conseil des anciens pères Noël est contraint de le démettre de ses fonctions de toute urgence. Pour regagner sa place et sauver Noël, Nicolas va devoir retrouver l’innocence, la fraîcheur et l’insouciance de son enfance. Heureusement, « L’esprit de Noël » veille sur le petit garçon et place sur son chemin un calendrier magique ! C’est, pour Nicolas, le début d’un voyage plein de surprises au travers des 24 portes du calendrier.

 


 

Critique "20 minutes"


L’apprenti Père Noël et le flocon magique fait suite à L’apprenti Père Noël qui a réuni plus de 580 000 spectateurs dans les salles françaises en 2010. Luc Vinciguerra y retrouve le jeune Nicolas alors qu’il s’apprête à prendre en charge la fabrication et la livraison des jouets, une besogne phénoménale que le gamin n’est pas encore tout à fait prêt à assumer.

Epaulé par ses coscénaristes Alexandre Révérend et David Freedman, le réalisateur a dû composer avec des contraintes budgétaires comme s’il travaillait en prises de vues réelles. Chaque dessin compte surtout quand on travaille en 2D, méthode d’animation traditionnelle. «Les scènes qui comportent de nombreux personnages sont plus onéreuses que les autres. Comme nous disposions de moins d’argent que pour le premier volet, il a fallu concentrer certaines actions sur un seul décor ou limiter le nombre d’apparitions des elfes du père Noël ce qui nous a obligés à nous nous montrer plus créatifs.»

Toute la partie créative et la postproduction ont été effectuées en France, tandis que décors et animation étaient sous-traités aux Philippines. «Tout faire en France aurait doublé le budget du film. Depuis le début des années 1990, il est courant de travailler avec l’Asie. Internet permettait de communiquer en temps presque réel avec nos collaborateurs philippins». L’esthétique de ce charmant conte de Noël n’a pas souffert de ces paramètres. C’est avec un plaisir égal que toute la famille plongera dans le monde enchanté de Nicolas, de ses elfes taquins et de ses pères Noël retraités tous plus rigolos les uns que les autres.


 

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